Publié dans „Philologica Jassyensia”, an XV, nr. 1 (29), 2019, p. 269–284

Résumé

Cette étude, dont le deuxième chapitre est le présent article, vise à démêler la relation entre la politique et les langues et pose la question de savoir dans quelle mesure et à quel niveau il est possible d'avoir une politique linguistique et en particulier une politique linguistique française dans une perspective de plurilinguisme. Le fondement de notre argumentation est une approche comparative de l'avenir du français et de l'anglais. Cette approche est d'autant plus légitime que les deux langues, malgré la suprématie évidente de l'anglais, ont certaines caractéristiques communes en tant que langues internationales. Nous tenons à souligner que la langue française n'est plus la propriété de la France. En fait, un regard objectif sur près d'un millénaire nous oblige à considérer que la langue française, qui doit beaucoup à la monarchie française, a toujours eu sa propre destinée, et il n'y a aucune raison pour que cela change.

Malgré la disparition de milliers de langues d'ici la fin de ce siècle, l'idée d'une langue unique risque de rester un mythe. Les facteurs économiques et technologiques et la dynamique culturelle jouent un rôle à la fois dans la diversification et l'unification. De ce point de vue, l'espace francophone, capable d'assumer sa diversité linguistique, a un rôle décisif à jouer dans les équilibres futurs.

mots clés : Latin, langues communes, équipement linguistique, alphabétisation, éducation, langue internationale, normalisation, langue locale, langues régionales, dialecte, diversité linguistique, langues menacées d'extinction, plurilinguisme

Abstract

This study, the second chapter of which this article is, aims at disentangling the relationship between politics and languages and raises the question of to what extent and at what level it is possible to have a language policy and particularly a French language policy from a plurilingualism perspective. The bases of our argument is a comparative approach to the futur of English and French. This approach is all the more legitimate since the two languages, despite the obvious supremacy of English, have some common characteristics as international languages. We like to point out that the French language is no longer the property of France. In fact, an objective look at nearly a millennium forces us to consider that the French language, which owes much to the French monarchy, has always had its own destiny, and there is no reason for this to change.

Despite the disappearance of thousands of languages by the end of this century, the idea of a single language is likely to remain a myth. Economic and technological factors and cultural dynamics play a role in both diversification and unification. From this point of view, the Francophone space, capable of assuming its linguistic diversity, has a decisive role to play in future balances.

Keywords: Latin, common languages, language equipment, literacy, education, international language, standardization, local language, regional languages, dialect, linguistic diversity, endangered languages, plurilingualism, globalization.

 Publié dans „Philologica Jassyensia”, an XIV, nr. 2 (28), 2018, p. 295–308

Résumé

Cette étude en deux chapitres s’attache à démêler les relations entre la politique et les langues et pose la question de savoir dans quelle mesure et à quel niveau il est possible d’avoir une politique de la langue et particulièrement de la langue française dans une perspective de plurilinguisme. Nous prendrons appui sur une approche comparative des destins du français et de l’anglais. Cette approche est d’autant plus légitime que les deux langues, malgré une suprématie manifeste de l’anglais, présentent en tant que langues qualifiées d’internationales quelques caractéristiques communes.

Nous allons développer deux idées essentielles.

D’abord, s’il existe un lien très fort entre le destin d’une langue et la puissance politique d’un État, la relation entre cette langue et la politique de cet État n’a ni l’évidence ni la simplicité qu’on lui prête généralement.

En second lieu, si la vitalité du français au niveau mondial est salutaire, toute politique linguistique doit absolument s’appuyer sur les principes du plurilinguisme en opposition avec les doctrines monolingues qui sont prépondérantes en Europe depuis des siècles jusqu’à aujourd’hui. Nous pâtissons du fait que la diversité des langues et le plurilinguisme sont très largement des impensés dans l’histoire de la pensée occidentale.

Et nous développerons ces deux idées sur deux périodes historiques : depuis la naissance du français jusqu’au 20e siècle, et aujourd’hui.

mots clés : Latin, langues communes, équipement linguistique, alphabétisation, éducation, langue internationale, normalisation, langue locale, langues régionales, dialecte, diversité linguistique, langues menacées d'extinction, plurilinguisme

Abstract

This two-chapter study aims at disentangling the relationship between politics and languages and raises the question of to what extent and at what level it is possible to have a language policy and particularly a French language policy from a plurilingualism perspective. The bases of our argument is a comparative approach to the futur of English and French. This approach is all the more legitimate since the two languages, despite the obvious supremacy of English, have some common characteristics as international languages. We like to point out that the French language is no longer the property of France. In fact, an objective look at nearly a millennium forces us to consider that the French language, which owes much to the French monarchy, has always had its own destiny, and there is no reason for this to change.

We will develop two essential ideas.

First, while there is a very strong link between the destiny of a language and the political power of a State, the relationship between that language and the policy of that State has neither the evidence nor the simplicity generally attributed to it.

Secondly, if the vitality of French at the global level is salutary, any language policy must be based on the principles of plurilingualism, in contrast to the monolingual doctrines that have prevailed in Europe for centuries until today. We suffer from the fact that linguistic diversity and plurilingualism are largely unthinkable in the history of Western thought.

Keywords: Latin, common languages, language equipment, literacy, education, international language, standardization, local language, regional languages, dialect, linguistic diversity, endangered languages, plurilingualism.

 

Publié dans le Bulletin européen des sciences sociales, vol. 12, 2015, p. 39-57, GERDES

Plan

Définition

Les politiques linguistiques éducatives L'enseignement supérieur et la recherche Le plurilinguisme en entreprise

Le domaine culturel

Les institutions européennes

Le plurilinguisme en philosophie

 

Résumé

  • The Conversation, 15 février 2016, en collaboration avec Marielle Silhouette, Université Paris Nanterre – Université Paris Lumières, présidente de l'Association des germanistes de l'enseignement supérieur
  • The Conversation France a décidé de publier une série de trois articles sur le thème de l’enseignement des langues face aux réformes en cours, dans le cadre d’un dossier coordonné par Marielle Silhouette, professeure à Paris X et présidente de l’Association des germanistes de l’enseignement supérieur.

    Nous sommes tous trop souvent mentalement et naturellement monolingues alors que le monde est plurilingue.

    Regardez une classe aujourd’hui. Plusieurs nationalités sont souvent représentées et elles sont parfois nombreuses.

    Ce n’est pas nouveau et c’est un trait de notre histoire millénaire. Au début du XIXe siècle, on estime qu’une moitié de la population comprenait et parlait le français, les autres ne connaissaient que les langues de nos provinces. Lire la suite : https://theconversation.com/lecole-face-a-un-monde-plurilingue-1-53938

Communication dans le cadre du 7ème Colloque international de la Biennale de la langue française

Bilinguisme, plurilinguisme : Pour quels objectifs ? Quels enjeux pour l'avenir ?

Paris, 29 septembre 2018

Plan

Introduction

I) Un nouveau regard sur l’Afrique

1) Une approche économique en demi-teinte

2) Une démographie puissante avec ses lois

II) Quel avenir linguistique ?

1) Pourquoi « dialogue euroafricain » et non franco-africain

2) Le français en Europe

3) Le destin linguistique des pays africains

1. Les données de base

2. La dynamique démographique

3. Les dynamiques linguistiques

4. Problématiques éducatives

Conclusion

Publié dans Plurilinguisme et éducation, volume I, J.-C. Beacco & C. Tremblay (coord.), Bookelis.com (ed. Papier et numérique), 2017, 219 p.

Résumé

Au prix d’une analyse statistique approfondie et d’une modélisation des structures des systèmes éducatifs, des tendances lourdes se dégagent des enseignements des langues vivantes sur la période de 2002 à 2015. L’objectif d’apprentissage de deux langues en plus de la langue maternelle fixé par le Conseil européen de Barcelone de mars 2002, n’a pas été atteint ni en niveau de langues et ni en termes de diversification des langues enseignées. Le bilan négatif se caractérise par un niveau qui, globalement, ne s’est pas amélioré, et par une concentration excessive des apprentissages dans beaucoup de pays sur une seule langue, l’anglais. Une majorité de systèmes éducatifs résistent cependant, mais dans la difficulté, ce qui justifie d’engager une analyse critique des politiques qui ont été conduites depuis quinze ans, en commençant par l’échec de la diversification des enseignements.

Abstrat

After an detailed statistical analysis and modelling of the structures of the education systems, some strong trendances emergent in the teaching of modern languages covering the period from 2002 to 2015. The objective of learning two languages in addition to the mother tongue set by the Barcelona European Council in March 2002, has not been reached whether it be the language level or the diversification of the languages taught. This negative assessment is characterized by a level which on the whole has not improved and in many countries by an excessive learning concentration on one and only language : English. However, a majority of education systems resist, in spite of the difficulty it represents, which justifies the necessity to engage in a critical analysis of the policies that have been conducted for fifteen years, starting with the failure of the diversification of the teachings.

Riassunto

Al costo di un'analisi statistica approfondita e di una modellazione delle strutture dei sistemi educativi, vi sono forti tendenze nell'insegnamento delle lingue moderne nel periodo dal 2002 al 2015. L'obiettivo dell'apprendimento di due lingue oltre a lingua madre istituita dal Consiglio europeo di Barcellona nel marzo 2002, non è stata raggiunta né a livello linguistico né in termini di diversificazione delle lingue insegnate. Questa valutazione negativa è caratterizzata da un livello che non è migliorato globalmente e dall'eccessiva concentrazione dell'apprendimento in molti paesi in una lingua, l'inglese. La maggior parte dei sistemi educativi, tuttavia, resistono, seppur in difficoltà, a ciò che giustifica di impegnarsi in un'analisi critica delle politiche che sono state condotte per quindici anni, a partire dal fallimento della diversificazione degli insegnamenti.

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