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TRANSMISSIONS. Langues, arts et cultures au cœur des enjeux du développement durable

Argumentaire

S’il y a une notion qui a accompagné l’homme pendant toute son évolution, et qui a de tout temps constitué pour lui une préoccupation vitale, c’est bien « la transmission ». La grotte de Lascaux ? Juste près de 20.000 ans que des individus, dans un souci de laisser de soi et des autres une marque indélébile, ont gribouillé sur de la roche, à l’abri des effets dévastateurs, quelques signes de leur passage par cet endroit et on ne peut imaginer que ces fresques soient les premières tentatives de « transmettre ».

La transmission n’a sûrement pas attendu les récentes et moins récentes tentatives d’asseoir la notion sur des bases nouvellement scientifiques ; tout est bon à dire et à dire à autrui et depuis toujours.

C’est donc un bien commun, universel, et nulle civilisation ou nation ne peut s’en arroger la propriété ou l’exclusivité. Mieux, rien de civilisationnel ne peut s’inscrire en dehors de la transmission. Un célèbre philosophe posait la question « pourquoi écrire ? », c’est plutôt pourquoi ne le fait-on pas quand on en possède les moyens, les techniques et les rouages ? L’art pour l’art et tout ce qui en a découlé comme courants de pensée ont eu leur moment de gloire. Aujourd’hui, il serait même superfétatoire de considérer un bien matériel ou un autre immatériel en dehors de tout impératif transmissible ou de valeur fondatrice de rapports. Un humain est par nature un « transmetteur » en puissance, toute la question serait alors « quoi transmettre » ? Si les anciens ont estimé qu’une image d’un animal était digne d’être « transmise », la culture aujourd’hui, la langue, la science, l’idéologie,  les échanges de toute nature, le sont autant que les anciens ont estimé les leurs ; c’est ainsi de toutes les productions prédestinées à pérenniser un savoir, un comportement, une philosophie, une sagesse, et dont le destin est d’abord d’être « transmis » pour que les générations futures soient en mesure, non seulement de connaître un passé duquel elles tiennent, mais de s’inscrire dans la pérennisation d’une telle civilisation. C’est ainsi aussi de ce qu’il est aujourd’hui communément admis comme « le développement durable » qui s’entend comme un élan du présent afin que les générations futures puissent profiter aussi de leur présent, sans en altérer ni le sens ni le dessein...

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