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TREMBLAY, Christian (2024), «Le non-dit linguistique dans les dynamiques territoriales», in WERE, Vincent Otaba ; ZOUOGBO, Jean-Philippe (dir.), Développement durable : Amplifier les langues. Valoriser les cultures. Impliquer les populations. Sustainable development : Promoting languages. Leveraging cultures. Working with populations., Editions des archives contemporaines, France, ISBN : 9782813004406, pp. 13-34, doi : https://doi.org/10.17184/eac.7860

Cette recherche, partant de l’importance avérée de l’éducation dans les processus de développement, s’interroge sur la place réelle de la langue dans la société et dans l’éducation elle-même. Traditionnellement, il semble aller de soi que l’apprentissage de la langue est à la base de tous les autres enseignements. Or, cette position privilégiée n’est pas aussi assurée que l’on se l’imagine. Cette situation que l’on peut dire aléatoire tient à différents facteurs au premier rang desquels le fait que le langage jusqu’à l’époque moderne n’a pas fait l’objet d’une conception très élaborée, sauf de la part de quelques auteurs peu nombreux dans le paysage philosophique. Et très paradoxalement, l’émergence de la linguistique comme science à part entière au XIXe siècle a plutôt affaibli que renforcé la place de la langue. Entre une conception utilitariste qui ne voit dans la langue qu’un outil de communication et la langue comme fait de culture, il existe une tension généralisée dans laquelle la langue-culture n’est pas en situation de force. La relative négligence dans laquelle est tenue la langue dans l’éducation et dans d’autres instances économiques et politiques s’avère totalement contre-productive pour le développement.
développement, éducation, outil de communication, langue-culture
 
Starting from the proven importance of education in development processes, this research looks at the real place of language in society and in education. Traditionally, it seems to be taken for granted that language learning underpins all other forms of education. However, this privileged position is not as secure as we might imagine. First and foremost, until modern times, language has not been the subject of a very elaborate conception, except on the part of a few authors who are not very numerous in the philosophical landscape. And very paradoxically, the emergence of linguistics as a science in its own right in the 19th century weakened rather than strengthened the place of language. Between a utilitarian conception of language as a tool of communication and language as a fact of culture, there is a generalized tension in which language-culture is not in a position of strength. The relative neglect of language in education and other economic and political bodies is proving to be totally counterproductive for development.
develpment, education, communication tools, language-culture