Si les langues n’étaient que des outils de communication ou que des codes un peu sophistiqués, mais des codes quand même, une langue pourrait suffire et les problèmes de développement pourraient se résoudre sans elles. Le problème est justement que les langues ne sont pas des codes, car les codes ne peuvent s’analyser eux-mêmes et encore moins ne peuvent faire naître d’autres codes. C’est pourtant ce que font les langues qui sont indissociables de tout acte de pensée. Donc il faut remonter toute la chaîne et s’interroger sur ce qu’est le développement, exercice salutaire si l’on veut comprendre ce que signifie « développement durable » et sur les relations bidirectionnelles entre les langues et le développement. Ce travail est absolument nécessaire, car ce n’est pas du tout la direction prise aujourd’hui par le monde occidental, en dépit des efforts de l’UNESCO pour inscrire la diversité linguistique et culturelle dans le développement durable.
Mots-clés éditeurs : développement durable, langues et développement, démocratie., États-nations
Mise en ligne 31/05/2024
https://doi.org/10.3917/oep.agres.2023.01.0031If languages were only communication tools or only slightly sophisticated codes, but codes nonetheless, one language might suffice and development problems could be solved without them. The problem is precisely that languages are not codes, because codes cannot analyse themselves and even less can give rise to other codes. Yet this is what languages do, and they are inseparable from any act of thought. So we have to go back up the whole chain and ask ourselves what development is, which is a salutary exercise if we want to understand what “sustainable development” means and ask ourselves about the two-way relationship between languages and development. This work is absolutely necessary, because this is not at all the direction taken today by the Western world, despite UNESCO’s efforts to include linguistic and cultural diversity in sustainable development.
