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 Publié dans „Philologica Jassyensia”, an XIV, nr. 2 (28), 2018, p. 295–308

Résumé

Cette étude en deux chapitres s’attache à démêler les relations entre la politique et les langues et pose la question de savoir dans quelle mesure et à quel niveau il est possible d’avoir une politique de la langue et particulièrement de la langue française dans une perspective de plurilinguisme. Nous prendrons appui sur une approche comparative des destins du français et de l’anglais. Cette approche est d’autant plus légitime que les deux langues, malgré une suprématie manifeste de l’anglais, présentent en tant que langues qualifiées d’internationales quelques caractéristiques communes.

Nous allons développer deux idées essentielles.

D’abord, s’il existe un lien très fort entre le destin d’une langue et la puissance politique d’un État, la relation entre cette langue et la politique de cet État n’a ni l’évidence ni la simplicité qu’on lui prête généralement.

En second lieu, si la vitalité du français au niveau mondial est salutaire, toute politique linguistique doit absolument s’appuyer sur les principes du plurilinguisme en opposition avec les doctrines monolingues qui sont prépondérantes en Europe depuis des siècles jusqu’à aujourd’hui. Nous pâtissons du fait que la diversité des langues et le plurilinguisme sont très largement des impensés dans l’histoire de la pensée occidentale.

Et nous développerons ces deux idées sur deux périodes historiques : depuis la naissance du français jusqu’au 20e siècle, et aujourd’hui.

mots clés : Latin, langues communes, équipement linguistique, alphabétisation, éducation, langue internationale, normalisation, langue locale, langues régionales, dialecte, diversité linguistique, langues menacées d'extinction, plurilinguisme

Abstract

This two-chapter study aims at disentangling the relationship between politics and languages and raises the question of to what extent and at what level it is possible to have a language policy and particularly a French language policy from a plurilingualism perspective. The bases of our argument is a comparative approach to the futur of English and French. This approach is all the more legitimate since the two languages, despite the obvious supremacy of English, have some common characteristics as international languages. We like to point out that the French language is no longer the property of France. In fact, an objective look at nearly a millennium forces us to consider that the French language, which owes much to the French monarchy, has always had its own destiny, and there is no reason for this to change.

We will develop two essential ideas.

First, while there is a very strong link between the destiny of a language and the political power of a State, the relationship between that language and the policy of that State has neither the evidence nor the simplicity generally attributed to it.

Secondly, if the vitality of French at the global level is salutary, any language policy must be based on the principles of plurilingualism, in contrast to the monolingual doctrines that have prevailed in Europe for centuries until today. We suffer from the fact that linguistic diversity and plurilingualism are largely unthinkable in the history of Western thought.

Keywords: Latin, common languages, language equipment, literacy, education, international language, standardization, local language, regional languages, dialect, linguistic diversity, endangered languages, plurilingualism.

 

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