Résumé

La réflexion suivante emprunte beaucoup à une idée maîtresse de la philosophie nietzschéenne selon laquelle tout est interprétation. Nous sommes de ceux qui pensent que, même si tout est interprétation, dans la mesure où, comme l’a démontré Kant, nous n’avons aucun moyen d’appréhender directement le réel, toutes les interprétations ne se valent pas. Surtout, aucune vision du monde, aucune langue, n’est capable d’épuiser la totalité du monde réel. La diversité linguistique et le plurilinguisme sont donc philosophiquement inéluctables.

Mots-clés : langues, plurilinguisme, philosophie, interprétation

Abstract

The following reflection borrows much from a central idea of Nietzschean philosophy that everything is interpretation. We are among those who think that, even if everything is interpretation, insofar as, as Kant has demonstrated, we have no means of directly apprehending reality, not all interpretations are equal. Above all, no vision of the world, no language, is capable of exhausting the entire real world. Linguistic diversity and plurilingualism are therefore philosophically ineluctable.

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Keywords : langages, plurilingualism, philosophy, interpretation

Dans une discussion devenue célèbre à propos de la portée philosophique de la mécanique quantique, Einstein faisait observer : « Croyez-vous vraiment que la Lune n'existe que quand vous la regardez ? »

C'était la réponse d'Einstein à une des conséquences philosophiques de la mécanique quantique selon laquelle nous n'avons pas un accès direct à la réalité du monde, mais seulement aux moyens offerts à un moment donné d'en faire la description.

Un linguiste devrait faire observer que la Lune dont parle Einstein n'est ni celle que voyait Galilée et encore moins celle que se représentaient les anciens. Donc, sous le même mot, apparaissent des représentations du réel qui ont évolué avec le temps et le même objet est totalement dépendant de l'observation que l'on peut en faire. Donc, l'observateur est acteur de la construction du réel, ce qui ne veut pas dire que le réel n'existe pas. La remarque d'Einstein est ainsi linguistiquement paradoxal et ce paradoxe est confirmé par la mécanique quantique.

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